Le général Piquemal, de la Mitterrandie à la «défend la France» face aux migrants



Le procès du général qui a participé, samedi, à une manifestation interdite du mouvement d'extrême droite Pediga a été reporté au 12 mai.
Les représentants de Pegida France se félicitaient de cette prise de guerre dans leur mouvement antimigrants. Christian Piquemal a dirigé la Légion étrangère de 1994 à 1999. Il est sorti de sa réserve d'ancien officier parachutiste à la retraite pour défendre publiquement et en son nom «la grandeur de l'identité de la France » avant de se faire interpeller par les CRS, à Calais. «La France debout va se lever », promettait devant les caméras celui qui se définit comme un «citoyen-patriote ». Il a été hospitalisé lundi matin à la suite d'un malaise alors qu'il devait comparaître dans l'après-midi. Son procès est reporté au 12 mai.

Né en Haute-Garonne, ce général de corps d'armée (2S) a passé sa vie à servir la France. Formé à l'école militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, il est nommé au grade de sous-lieutenant en avril 1962. Un an plus tard, il rejoint la Légion étrangère, troupe d'élite formée d'une centaine de nationalités qu'il commandera entre 1994 et 1999. Il lancera notamment une section sportive, faisant courir sous les couleurs vert et rouge des légionnaires comme le marocain Mohammed Ouaadi, qui gagnera le marathon de Paris en 2000.

À la fin des années 1980, il est nommé chef adjoint au cabinet militaire du premier ministre et sert successivement Michel Rocard, Édith Cresson et Pierre Bérégovoy. «Il n'a jamais été socialiste, mais ce qui lui importe est de se rendre utile à la France. Cela prouve d'ailleurs qu'il n'est pas de droite extrême », commente un ancien officier parachutiste.
«C'est une forme de sacrifice de sa part, une opération coup de poing dont il est coutumier»



Un proche du général Piquemal
Ayant fait ses adieux aux armes, Christian Piquemal anime aujourd'hui une association, le Cercle de citoyens-patriotes, et le blog du même nom, dans lequel il avait appelé à participer à la manifestation de Calais, samedi. Il y dénonce régulièrement «l'immigration massive», «les abandons de souveraineté», «l'islamisation rampante et progressive». «En tant qu'ancien de la Légion étrangère, il ne peut pas être raciste! Il s'alarme des vagues massives de l'immigration, glisse un de ses proches. Son mot d'ordre pour la France c'est “être et durer”».

Ni l'armée de terre ni l'Union nationale des parachutistes, que Christian Piquemal a dirigée de 2004 à 2014, n'ont souhaité faire de commentaire sur son interpellation et sa présence dans cette manifestation. «Il savait très bien ce qu'il risquait. Nous espérons que cet événement ait une répercussion. C'est une forme de sacrifice de sa part, une opération coup de poing dont il est coutumier», commente un proche de Piquemal. «C'est un homme de caractère et de conviction qui n'agit peut-être pas avec tout le discernement nécessaire mais traduit une partie de l'exaspération qui existe dans ce pays. Il a le sens de la nation», le défend de son côté le général Bruno Dary, lui aussi ancien commandant de la Légion étrangère, qui fut gouverneur militaire de Paris.

Ce lundi soir, au micro de RTL, le général Piquemal est revenu sur les événementrs de samedi à Calais: «Je regrette de m'être trouvé avec eux, j'aurais préféré qu'on soit seuls, ça ne ce serait pas passé comme ça car nous nous sommes un cercle citoyen», a-t-il déclaré. «On n'est pas racistes, on n'est pas xénophobes, on n'est pas islamophobes. J'ai commandé la Légion étrangère pendant cinq ans, il y a 140 nationalités dedans, donc s'il y a bien quelqu'un à qui on ne peut pas reprocher d'être un raciste, c'est bien moi», a-t-il ajouté.
» L'interview de Christian Piquemal réalisée par Boulevard Voltaire, site proche de l'extrême-droite:

Source: le figaro